Tu penses connaître les associations parce que tu soutiens leurs projets, que tu les accompagnes, ou que tu as déjà participé à un Solidarity Day ?
Moi aussi, je croyais savoir.
Et puis j’ai commencé à les accompagner de l’intérieur.
J’ai vu les coulisses, les contraintes, les tensions entre convictions et survie économique. Et j’ai compris que les difficultés des associations ne se résument pas à un manque de moyens : elles sont bien plus structurelles… et souvent invisibles.
Allez, je te partage ici 5 réalités que j’ai découvertes, et qui montrent à quel point le monde associatif mérite qu’on l’écoute (vraiment).
1. Le mécénat de compétences ne remplacera jamais les dons financiers
Quand j’étais déléguée générale de fondation, j’ai pensé que le mécénat de compétences suffisait à “aider concrètement” les associations.
Spoiler : pas vraiment.
Les associations ont besoin de compétences, bien sûr, mais aussi et surtout de ressources financières pour faire tourner leur structure.
Le mécénat de compétences ne paie pas les loyers, les assurances, ni les salaires des coordinateur·rices de projets.
Les associations développent des expertises irremplaçables : éducateur.rices, psychologues, intervenant.es de terrain. Ce savoir-faire, il faut le financer. Et à force de vouloir mettre uniquement nos compétences sur la table, on passe à côté de notre utilité profonde.
La bonne pratique, cash pistache :
👉 Les frais de structure ne seront pas couverts par “l’activité de team building du Solidarity Day”.
👉 Le mécénat de compétences est précieux, mais les dons financiers sont indispensables pour pérenniser l’action sociale.
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2. Dire ses difficultés, c’est risquer de perdre son financement
C’est l’un des paradoxes les plus durs que j’ai observés.
Beaucoup d’associations n’osent pas dire ce qui ne va pas par peur d’être jugées ou de voir leur financement s’arrêter.
Résultat : elles gardent le silence sur des sujets où les entreprises mécènes pourraient pourtant vraiment les aider.
Pourquoi ? Parce qu’elles craignent d’être perçues comme “fragiles” ou “mal gérées”.
Cette peur installe un climat de fausse transparence. On sourit poliment en point d’étape et on passe à côté des vrais sujets :
Et pourtant imagine la situation suivante :
Association : “Je galère à fidéliser mes bénévoles, j’ai l’impression que je peux améliorer mon management, les faire davantage participer à la prise de décision mais je ne sais pas par quel bout commencer.”
Entreprise : “On a exactement le même problème sur nos usines de production d’Amiens. On a lancé avec l’équipe RH une super formation au Leadership pour nos managers intermédiaires. Et si on proposait à vos 3 chef.fes de projet de rejoindre la prochaine session collective avec nos équipes ? “
Booom ! Tu imagines la puissance de ton apport en tant que partenaire ?
Le mécénat que je défends, utile et responsable, repose justement sur une relation horizontale, de confiance et d’écoute mutuelle.
👉 En clair : si on veut vraiment aider les associations, il faut leur permettre d’exprimer leurs besoins sans crainte. Et ça, c’est aussi le rôle des fondations et entreprises partenaires.
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3. Les associations veulent de l’écoute… mais aussi du cadre
Les associations veulent de l’écoute, oui. Mais elles ont aussi besoin qu’on les aide à structurer leur action.
Une DG d’association (coucou Marie si tu passes par là) m’a dit un jour :
“Le fait d’avoir un point d’étape avec toi sur l’impact de notre action nous a obligées à produire des chiffres que je n’aurais jamais pris le temps de sortir.”
Autrement dit : un peu de cadre, ça aide à avancer.
Le piège, c’est de tomber dans la complaisance : à force de vouloir être “sympa”, le mécène pas relou, on n’aide plus vraiment.
Ce que j’ai compris : les associations recherchent une relation équilibrée.
Elles veulent conserver leur liberté d’action, mais qu’on les aide à se structurer.
👉 La bonne posture selon moi et sur laquelle je trouve ça super pertinent de se former quand on est mécène, c’est celle de la facilitation : un accompagnement à la fois bienveillant et exigeant, où on avance ensemble.
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4. Les appels à projets : le cauchemar administratif sous-estimé
Si tu penses que remplir un appel à projet, c’est une formalité, demande à une DG d’association ce qu’elle en pense.
En réalité, un bon dossier prend 3 à 4 heures minimum à rédiger.
Et souvent, c’est la présidente ou la directrice qui s’en charge… le soir, après sa journée de travail ou le weekend quand le rythme est plus calme.
Résultat : des week-ends sacrifiés et beaucoup d’énergie dépensée pour pas grand chose.
Le pire ? Les dossiers sont souvent inutilement complexes.
On demande des pièces que personne ne lit vraiment, “parce qu’on a toujours fait comme ça” et que ça rassure un CA d’avoir accès à 3 années de tréso, à des bilans de projets, à une vidéo de présentation de l’asso…
Heureusement, certaines fondations évoluent.
👉 Électro Dépôt, sous l’impulsion de la géniale Alix Sirot, par exemple, propose à chaque association candidate un RDV découverte de 30 minutes pendant les 15 jours d’ouverture de leur appel à projet pour répondre à ses questions. Simple, humain, efficace.
👉 Et si on simplifiait tous les appels à projets avec 4 questions et un entretien ?
Ce serait un vrai gain de temps et de sens pour tout le monde.
5. Toujours dans l’action, jamais dans la respiration
Les dirigeant·es d’association ont la tête dans le guidon en permanence.
Entre les bénéficiaires, les appels à projets, les réunions avec les partenaires et les urgences du quotidien, iels n’ont plus le temps de penser.
Et surtout, iels pensent seul.es.
Pas de direction à consulter, pas de pairs avec qui échanger, peu d’espaces pour douter ou se poser.
Résultat : des décisions prises dans l’urgence, un épuisement discret et la sensation de “tenir la baraque à bout de bras”.
Le plus beau cadeau qu’on puisse faire à une association partenaire ?
👉 Lui offrir du temps et de la respiration.
Un espace pour structurer, prioriser, réfléchir à long terme.
Parce que parfois, le vrai soutien ne passe pas par l’action… mais par le recul.
C’est ce que Maud (Fondation pour les Familles) et Olivia (Association Moi et Mes Enfants) partagent : témoignage à compléter ici
5bis. On les traite comme des bénéficiaires, pas comme des expertes
Un retour bonus, parce que c’était super dur de n’en choisir que 5. Un point que j’ai souvent constaté avec mes paires DG de Fondation, c’est le fait de sous-estimer l’expertise des responsables associatives.
Elles sont invitées à des réunions, consultées pour un retour terrain, un témoignage de bénéficiaire, une photo, mais rarement considérées comme de vraies expertes de l’impact social.
Et pourtant, ce sont elles qui connaissent le mieux leurs publics, leurs bénéfiiciaires, leurs territoires, leurs contraintes. Elles savent ce qui marche, ce qui ne marche pas, et pourquoi.
👉 Les reconnaître comme partenaires stratégiques, et pas comme simples bénéficiaires de votre politique de mécénat, c’est leur redonner la place qu’elles méritent : celle d’actrices de l’intérêt général, pas juste de figurantes de votre vision de la solidarité.
En conclusion – Comprendre, c’est déjà agir
Avant de travailler avec les associations, je pensais qu’elles manquaient de moyens.
Aujourd’hui, je sais qu’elles manquent surtout de temps, de reconnaissance et d’allié.es lucides.
Les associations ne cherchent pas la perfection, mais des partenaires capables de comprendre leurs réalités, de simplifier leurs vies et de les aider à se concentrer sur ce qu’elles font le mieux : agir pour l’intérêt général.
Alors, la prochaine fois qu’on parle “d’accompagner une asso”, et si on se posait la question :
👉 Est-ce qu’on l’aide vraiment, ou est-ce qu’on est pas en train de compliquer sa vie ?
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