Les appels à projets en mécénat, tu les connais.
La majorité des fondations en font. Mais est-ce que tu as déjà calculé ce qu’ils coûtent, en temps et en énergie, aux associations qui y répondent ? En 2024, plus de 50 % des fondations françaises utilisent ce dispositif pour sélectionner les projets qu’elles soutiennent.
Pourtant, du côté des associations, le tableau est souvent beaucoup moins reluisant. Dans cet article, je décortique les limites du système et je te présente des approches qui commencent à changer la donne.
1. Ce que les appels à projets coûtent vraiment aux associations
Un pré-dossier. Un dossier complet. Des échanges avec les équipes du financeur. Plusieurs comités de validation. Parfois même une campagne de vote pour mobiliser les salarié·es de l’entreprise. Et si tu as la chance d’être sélectionné·e : une convention à signer, un appel de fonds, un reçu fiscal, un rapport de mi-bilan, un rapport final avec photos, indicateurs d’impact, verbatim bénéficiaire et si possible une vidéo.
C’est le témoignage de Marion Enzer, directrice générale de Ferme d’Avenir et Marianne du Climat 2025. Dans son association de 25 salarié·es avec 1,6 million d’euros de budget annuel, elle mobilise deux personnes à temps plein pour gérer la centaine de dossiers déposés chaque année.
Et le pire ? Elle ne peut souvent pas inclure leurs salaires dans les budgets déposés. Parce que beaucoup de financeurs refusent de couvrir les frais transversaux. Ils financent du projet uniquement du projet. Le tout pour des enveloppes souvent inférieures à 10 000 €, non reconductibles automatiquement, à renégocier chaque année.
Elle témoigne “L’équation est presque insoluble : lever des fonds de plus en plus compliqués, justifier chaque centime, minimiser les frais de fonctionnement, rémunérer correctement les équipes, et rester à l’équilibre.”
2. D’où vient ce modèle… et pourquoi il s’est imposé
Les appels à projets ne viennent pas du secteur associatif. Ils viennent du secteur public, qui a progressivement remplacé les subventions automatiques par des financements sur dossier : pour trier, comparer, et rendre des comptes.
Les entreprises et leurs fondations ont repris le principe. Parce qu’il correspond à leur culture : des objectifs clairs, une mise en concurrence, des indicateurs, des processus bien cadrés. L’appel à projets, c’est un outil mi-administratif, mi-business. Il est devenu la norme un peu par habitude — et par mimétisme.
👉 Résultat : les associations subissent une logique qui n’a pas été conçue pour elles
3. Ce qui commence à changer, et comment
La bonne nouvelle, c’est que des acteurs du secteur bougent en interrogeant leur forme et leur coût réel. Un poil plus simple que de les supprimer du jour au lendemain tu me diras.
Côté outils : Eloïse Langer a co-fondé Ouissub, une plateforme qui centralise les appels à projets publics et privés et les pousse automatiquement aux associations selon leur profil. En un an, 500 associations utilisent l’outil. La base de données compte déjà 5 000 financements ouverts. Les associations qui l’utilisent gagnent du temps de veille, estimé à 3 à 4 heures par semaine et accèdent à des opportunités qu’elles auraient manquées. (→ [lien externe : ouissub.fr])
Côté fondations : Alix Sirot, déléguée générale du fonds de dotation Impact by Electro Dépôt, a commencé autrement. Avant même de lancer le fonds, son équipe est allée rencontrer des associations pour comprendre leurs besoins réels. Ce n’est qu’après ce travail de terrain que les critères de sélection ont été définis. Un retournement de logique simple, mais encore rare.
Chaque appel à projets s’ajuste en fonction des remontées du terrain. L’appel à projets 2026 sur l’équipement (alimentaire, logement, ateliers de réinsertion) est né directement des besoins identifiés lors du cycle précédent. L’apprentissage est continu, la méthode s’affine.
➡️ FORMULES D’ACCOMPAGNEMENT POUR LES FONDATIONS
4. Ce que ça dit du mécénat de demain
Ce que ces deux approches ont en commun, c’est une posture : se mettre dans les chaussures des associations avant de construire les process.
Les financeurs les plus structurés (ceux qui font du pluriannuel, qui couvrent les frais de fonctionnement, qui clarifient leurs critères) sont aussi ceux qui obtiennent les meilleurs partenariats. Parce qu’ils laissent les associations faire leur métier. Et tout le monde y gagne.
Le mécénat sera plus impactant en construisant des relations de financement qui respectent la réalité du terrain associatif.
5. Toujours dans l’action, jamais dans la respiration
Les dirigeant·es d’association ont la tête dans le guidon en permanence.
Entre les bénéficiaires, les appels à projets, les réunions avec les partenaires et les urgences du quotidien, iels n’ont plus le temps de penser.
Et surtout, iels pensent seul.es.
Pas de direction à consulter, pas de pairs avec qui échanger, peu d’espaces pour douter ou se poser.
Résultat : des décisions prises dans l’urgence, un épuisement discret et la sensation de “tenir la baraque à bout de bras”.
Le plus beau cadeau qu’on puisse faire à une association partenaire ?
👉 Lui offrir du temps et de la respiration.
Un espace pour structurer, prioriser, réfléchir à long terme.
Parce que parfois, le vrai soutien ne passe pas par l’action… mais par le recul.
C’est ce que Maud (Fondation pour les Familles) et Olivia (Association Moi et Mes Enfants) partagent : témoignage à compléter ici
5bis. On les traite comme des bénéficiaires, pas comme des expertes
Un retour bonus, parce que c’était super dur de n’en choisir que 5. Un point que j’ai souvent constaté avec mes paires DG de Fondation, c’est le fait de sous-estimer l’expertise des responsables associatives.
Elles sont invitées à des réunions, consultées pour un retour terrain, un témoignage de bénéficiaire, une photo, mais rarement considérées comme de vraies expertes de l’impact social.
Et pourtant, ce sont elles qui connaissent le mieux leurs publics, leurs bénéfiiciaires, leurs territoires, leurs contraintes. Elles savent ce qui marche, ce qui ne marche pas, et pourquoi.
👉 Les reconnaître comme partenaires stratégiques, et pas comme simples bénéficiaires de votre politique de mécénat, c’est leur redonner la place qu’elles méritent : celle d’actrices de l’intérêt général, pas juste de figurantes de votre vision de la solidarité.
➡️ DÉCOUVRIR MES OFFRES POUR LES ASSOCIATIONS ET LES FONDATIONS
En conclusion – Comprendre, c’est déjà agir
Les appels à projets mécénat ne sont pas condamnés à rester ce qu’ils sont. Et les améliorer suppose de reconnaître ce qu’ils coûtent vraiment en temps, en énergie, en ressources humaines aux structures qui y répondent. Des outils comme Oui Sub allègent la charge côté associations. Des entreprises comme Electro Dépôt montrent qu’on peut construire autrement, avec plus d’humilité et d’écoute du terrain.
Tu veux repenser le fonctionnement de tes appels à projets ? 👉RÉSERVE UN APPEL DÉCOUVERTE
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